L'un di   tout
L'un dit tout haut ce que d'autres n'osent pas écrire... tous les lundis
 
Le lundi 18 novembre 2002

Pourquoi ne faisons-nous plus d'enfants?

Le taux de natalité est en chute libre au Québec, ce n'est plus un secret pour personne. Notre peuple est en train de disparaître et notre population a besoin d'un apport important d'immigrants pour se maintenir.

Régulièrement nous entendons des déclarations d'hommes politiques déplorant ce fait et cherchant des excuses sinon des explications. La raison la plus simpliste et la plus souvent invoquée est la pauvreté. Ce serait à cause des problèmes économiques auxquels font face les couples que ceux-ci décideraient de ne pas avoir d'enfants. Cette explication ne tient pas debout surtout lorsque l'on considère que c'est dans les pays les plus riches et parmi les classes les plus avantagées que les taux de natalité sont les plus bas. Si l'argument économique était le facteur prépondérant dans la chute de la natalité il faudrait plutôt conclure que c'est à cause de la richesse, et non à cause de la pauvreté, que les gens font moins d'enfants.

Pourtant, pas besoin d'être un génie ni d'avoir un doctorat en sociologie pour comprendre que c'est avant tout la stabilité des mariages qui entraîne l'accroissement de la famille. Comme je l'ai expliqué dans mon mémoire présenté au printemps dernier à l'Assemblée nationale et expliqué en commission parlementaire:

Si vous êtes un homme et que vous pensez qu'il y a 75% des chances que dans trois ans vous serez divorcé, que vous aurez une pension alimentaire à payer et que vous ne pourrez plus voir vos enfants, serez-vous intéressé à en faire un? D'autre part, si vous êtes une femme et que vous pensez qu'il y a 75% des chances que dans trois ans vous serez monoparentale, prise à élever seule vos enfants, serez-vous intéressée à en faire un?

Réveillons-nous donc et revenons sur terre un instant! Faire des enfants c'est un projet à long terme, ça se fait à deux et ça s'inscrit dans une relation à long terme. Nos mariages sont rendus tellement fragiles qu'il n'y a presque plus personne au Québec qui considère le mariage comme une relation à long terme. Dans ce contexte, pas étonnant qu'on ne veuille plus se risquer à faire des enfants et que, lorsqu'on en fait (et que ce n'est pas par accident), on prenne le soin de se limiter à une quantité qu'on pense être éventuellement capable d'élever seul.

Tout programme gouvernemental, toute initiative publique ou parapublique qui cherchera à relever le taux de natalité au Québec et qui n'envisagera pas une action concrète pour solidifier nos mariages sera par conséquent voué à l'échec.

Il est impératif de mettre un terme à l'industrie du divorce, aux divorces sans faute et à la glorification des mariages "alternatifs" et adopter des mesures qui relèvent le mariage (on ne devrait même pas avoir besoin d'ajouter "hétérosexuel") au rang d'institution fondamentale à être valorisée, favorisée et préservée pour le bien de notre société.

(Les propos de L'un n'engagent que son auteur et ne reflètent pas nécessairement l'opinion de L'autre ni de l'une quelconque des organisations ou coalitions que l'auteur peut présider ou dont il peut être membre.)

(c) 2002 Daniel Cormier-Roach
www.cormier-roach.com

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